Détroit d’Ormuz : quand la géopolitique paralyse la logistique mondiale

Par Benyamin A.Shajari, Excelia Business School

Depuis le 28 février 2026, la situation au Moyen-Orient a franchi un seuil critique avec des frappes menées par Israël et les États-Unis contre des cibles en Ira, suivies de ripostes iraniennes dans la région. Au-delà de l’escalade militaire, c’est surtout la dimension logistique et énergétique qui retient l’attention des marchés.

Le détroit d’Ormuz est aujourd’hui au cœur des tensions. Environ 20 % du pétrole mondial y transite chaque jour, soit près de 20 millions de barils, sans compter une part significative du gaz naturel liquéfié. Ce corridor maritime stratégique, large d’une cinquantaine de kilomètres à son point le plus étroit, constitue l’un des principaux chokepoints énergétiques de la planète. Même sans fermeture officiellement déclarée à ce stade, les perturbations sont bien réelles : ralentissements, navires en attente, armateurs prudents, primes d’assurance en hausse.

La capture d’écran de VesselFinder illustre cette tension en temps réel. On observe une concentration inhabituelle de navires aux abords du détroit et une baisse des transits fluides dans les deux sens. Dans une zone où plusieurs milliers de navires transitent chaque mois, la moindre incertitude militaire suffit à désorganiser les flux et à provoquer un effet domino sur l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement mondiale.

Les marchés pétroliers ont immédiatement réagi, avec une forte hausse des prix du brut ces derniers jours. Si les perturbations devaient s’intensifier ou durer, l’impact se ferait sentir rapidement en Europe et en Asie, notamment sur les prix des carburants, les coûts de transport et, plus largement, l’inflation. Ce qui se joue dans ce passage de quelques dizaines de kilomètres dépasse largement la région : c’est un rappel brutal que la géopolitique reste l’un des principaux déterminants de la stabilité logistique mondiale.

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